L'EXPANSION

Economie

Les viticulteurs kiwis jouent la carte écolo

Par Frédéric Thérin, à Napier et Blenheim, publié le

En misant gros sur l'agriculture durable, les viticulteurs néo-zélandais jouent gagnants.

Vignoble durable. Pour les producteurs, investir dans le bio se révèle payant.

Vignoble durable. Pour les producteurs, investir dans le bio se révèle payant.

Flickr/timparkinson/http://www.flickr.com/photos/timparkinson/

Peter Yealands n'est pas peu fier de ses 3 000 "moutons pygmées". Véritables tondeuses à quatre pattes, ils broutent les herbes folles de son vignoble de 1 000 hectares, et leur petite taille leur permet de manger les feuilles sur les ceps sans atteindre les grappes de raisin. L'initiative écolo de ce viticulteur néo-zélandais n'est pas un cas isolé. "Pour attirer les faucons qui chassent les oiseaux friands de nos raisins, nous leur mettons les lapins morts trouvés sur la route", raconte Brittany Thompson, d'Elephant Hill. Peter Yealands collecte aussi 500 tonnes d'algues par an pour s'en servir comme engrais. Et il a isolé ses hangars avec la laine de ses moutons. A Marlborough, Villa Maria économise 125 000 kilowattheures par an grâce à un logiciel de contrôle de son système de réfrigération. Son vin est acheminé à Auckland par bateau, et non plus par camion.

"Nous dépensons des millions de dollars pour devenir un vignoble durable", avoue Simon Kelly, de Yealands Estate. Mais ces investissements rapportent gros. "Notre volonté de protéger l'environnement nous a permis de trouver de nouveaux clients", clame Lindsay Parkinson, le patron de Wairau River Wines. "Certaines chaînes de supermarchés comme Tesco exigent même qu'un viticulteur prouve sa "durabilité" avant de le référencer", renchérit Simon Kelly.